Les olives

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Francis Ponge – Les olives

. . Olives vertes, vâtres1, noires.
. . L’olivâtre entre la verte et la noire sur le chemin de la carbonisation. Une carbonisation en douce, dans l’huile — où s’immisce alors, peut-être, l’idée du rancissement.
. . Mais… est-ce juste ?
. . Chaque olive, du vert au noir, passe-t-elle par l’olivâtre ? Ou ne s’agit-il plutôt, chez d’aucunes, d’une sorte de maladie ?
. . Cela semble venir du noyau, qui tenterait, assez ignoblement alors, d’échanger un peu de sa dureté contre la tendresse de la pulpe… Au lieu de s’en tenir à son devoir; qui est, tout au contraire, non de durcir la pulpe (sous aucun prétexte !), mais contre elle de se faire de plus en plus dur… Afin de la décourager au point qu’elle se décompose… et lui permette, à lui, de gagner le sol, — et de s’y enfoncer. Libre à lui, alors (mais alors seulement), de se détendre : s’entrouvrir… et germer.
. . Quoi qu’il en soit, l’accent circonflexe se lit avec satisfaction sur olivâtre. Il s’y forme comme un gros sourcil noir sous lequel aussitôt quelque chose se pâme, tandis que la décomposition se prépare.   . . Mais quand l’olive est devenue noire, rien ne l’est plus brillamment. Quelle merveille, ce côté flétri dans la forme… Mais savoureuse au possible, et polie mais non trop, sans rien de tendu.
. . Meilleur suppositoire de bouche encore que le pruneau.  . . Après en avoir fini de ces radotages sur la couleur de la pulpe et sa forme, venons-en au principal — plus sensible à sucer le noyau — qui est la proximité d’olive et d’ovale.
. . Voilà une proximité fort bien jouée, et comme naïve.
. . Quoi de plus naïf au fond qu’une olive ?
. . Gracieuses et prestes dans l’entregent, elles ne font pas pour autant les sucrées, comme ces autres jeunes filles: les dragées … les précieuses !
. . Plutôt amères à vrai dire. Et peut-être faut-il les traiter d’une certaine façon pour les adoucir: les laisser mariner un peu.
. . Mais d’ailleurs, ce qu’on trouve enfin au noyau, ce n’est pas une amande: une petite balle; une petite torpille d’un bois très dur, qui peut à l’occasion pénétrer facilement jusqu’au cœur…
. . Non ! N’exagérons rien ! Sourions-en plutôt (d’un côté du moins de la bouche), pour la poser bientôt sur le bord de l’assiette…   . . … Voilà qui est tout simple. Ni de trop bon ni de trop mauvais goût… Qui n’exige pas plus de perfection que je ne viens d’y mettre… et peut plaire pourtant, plaît d’habitude … tout le monde, comme hors-d’œuvre.  

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